Trois coups frappés à la porte sortir Kallen de sa torpeur. Les nouvelles qui venaient lui parvenir d'Isthar le troublait. Un homme se ferait passer pour un prophète incitant
le peuple à la guerre contre le royaume de Palice. Subissant, famine, pauvreté, Palice, encore prospère grâce à la sagesse de ses souverains disparus, semblait le coupable idéal. "La main de
dieux a déjà punis les souverains de ce pays impure. C'est le signe qui nous montre la volonté de Dieu" répète-t-il à tout va. Il replia le parchemin et l'ajouta au paquet qui surmontait son
bureau.
"Entre, Artos"
Ce dernier entra. La pièce était sobre tout en étant richement meublé. De grandes étagères en chêne sculpté garnissaient les murs, emplis de livres usés d'histoire et
d'alchimie, de rouleau de parchemins plein de savoir inconnu. De grands secrets y étaient enfermés, comme vérité et mensonge. Une splendide cheminée en pierre diffusait une lumière douce et
chaude, complété par quelques chandelles disposées judicieusement ici et là. Deux grands fauteuils grenats disposés dos à la cheminé, incitait le visiteur à s'y installer. En face, le bureau de
Kallen dominait la pièce, oeuvre d'art tant par sa finesse que par sa stature. Rien sur ce bureau n'était disposé à la légère, révélateur de la personnalité de Kallen. Son long passé militaire
avait ancré des habitudes de rigueur et d'organisation chez ce personnage remarquable.
Artos fut frappé par les rides qui marquaient le visage de son maître et ami. Son regard bleu clair semblait toujours fait d'acier. Sa machoir carrée revelait sa forte
personnalité. Toutefois, sa chevelure jadis noir de jaie était desormais d'une blancheur neigeuse, clairesemée. De fines rides marquaient sont front et le conture de ses yeux comme si le poid des
responsabilités s'incarnait sur son visage. Kallen se leva à l'approche d'Artos. Il n'avait pas l'air d'un viellard. Il conservait sa staure de guerrier, de larges épaules musculés et un démarche
assurée.
"Artos, mon ami. Je suis heureux de te voir"
"Kallen! Ça faisait longtemps"
"Trop longtemps, si tu veux mon avis." Ils se donnèrent l'accolade.
"Je sais. Ces derniers temps ont été plutôt difficiles, surtout depuis la mort tragique du roi et de la reine."
"Je suis revenu dès que j'ai appris la nouvelle. Quand auront lieues les funérailles?"
" Demain, à midi. Officiellement, il s'agit d'un accident. Le roi aurait été tué lors d'une partie de chasse par un sanglier furieux. La reine, à la nouvelle du décès de son mari se serait
empoisonnée et la princesse Ehlyne se serait enfui par honte et par désespoir. L'évêque Pallas officiera. Cela ne te semble pas étrange tout ça?"
"Je connaissais bien, ma Reine. Jamais, et ce même par amour, elle n'aurait mis fin à sa vie. Elle aimait trop son peuple et sa fille. Cela me déchire le coeur. Je trouverai le responsable de
tout ceci et je lui ferais chèrement payer.I"
"Je te comprend mais ne te précipite pas. Les ennemis de Palice sont puissant. Sir Galoy a pu examiner de corps du Roi. De telles blessures n'auraient pas pu le tuer. Mais il a remarqué une
substance verdâtre à l'odeur âcre à l'entrée des plaies qui s'est rapidement dissipée."
"Tu crois qu'il s'agit d'argonne?"
"Très probable"
"Dans ce cas, notre ennemi dispose de puissants moyens. C'est un poison rare, cher et indétectable après quelques minutes son entrée dans l'organisme."
"Si je n'avais chargé Sir Galoy de sa protection, nous n'aurions jamais. Tu le connais bien. Tu pourrais lui parler. Il se sent responsable de ce qui s'est passé. Et concernant les terres du
Nord, quelles nouvelles nous rapportes-tu, Artos?
"Le souverain des Baltes est un imbécile doublé d'un ivrogne. Il refuse de voir ce qui se passe au-delà de ses foutes montagnes. Par contre son neveu et héritier , Gurthar, est très perspicace.
Il semble comprendre la menace qui émerge à l'est. Les raids de plus en fréquents dans les terres Keltanes l'inquiètent. Et il a eu vent de ce qui se passe en Isthar. Il sait que si Palice tombe,
ils sont les prochains sur la liste. On pourra compter sur lui. Pour le Keltas, j'ai eu beaucoup plus de mal à les trouver. C'est vraiment un peuple étrange. Toujours à cheval! Juste quelques
villes fantômes parsemées ici et là. Leur chef, Androwen, est un vieil homme sage. Les Keltans sont près à nous rejoindre au besoin."
"Beau travail, Artos, comme toujours. Que vas-tu faire à présent?"
"Retrouver la souveraine légitime de Palice et faire mordre la poussière à cette limace de Taris. Mais il est trop insipide pour avoir monter ça tout seul. Pour l'instant, je vais aller
dormir, la route a été longue... Au fait, que peux-tu me dire de ce jeune novice, Sir Ehl de Viza?"
"C'est un jeune homme discret, taciturne, un peu délicat pour l'épée mais brillant alchimiste pourquoi?"
"Non rien. Merci. Dors bien mon ami."
"J'ai fait préparer ta chambre, tu sais ou la trouver. Et si tu as faim, tu trouveras ce qu'il te faut en cuisine. Bonne nuit, Artos"